dimanche 28 août 2011

Boniface face à Aétius

Aétius s'enfonce en Italie prêt à soumettre le faible Empereur Valentinien. Il a rappelé le comte d'Afrique dénommé Boniface.Ce dernier est supposé loyal à l'Empereur. Valentinien lui confie les rares troupes stationnées en Italie avec mission d'empêcher le Magister Militiae de parvenir jusqu'à Ravenne, capitale de l'Empire d'occident depuis bien longtemps. Ravenne entourée de marais est plus facile à défendre que Rome.

Boniface dispose de deux auxilia: les iovï gallicani et les mauri osismiaci (en dessous) que l'on peut reconnaître à leur bouclier spécifique.



Des unités de lètes sont présentes...portant fièrement des symboles chrétiens ou païens.  Les lètes sont des esclaves qui seront affranchis s'ils servent bien Rome.


Une unité de cavalerie va tenter de s'opposer à la redoutable cavalerie hunnique d'Aétius: on ne donne pas cher de sa peau !

Des contingents de barbares sont également présents avec leurs propres armes et leurs chefs: foederatii ayant juré fidélité à Rome, occupant légalement le territoire romain et prêts à le défendre en cas d'invasion de la part d'autres barbares ou contre un rival de l'Empereur, ce qui fut le cas à la bataille de Ravenne en 432 après JC.
 

Les figurines sont des 28 mm Foundry, avec quelques Gripping Beast. La plupart des décors sont fait maison.

Prochainement sur ce blog...l'armée d'Aétius...mais aussi le résultat de mes devoirs de vacances: la rentrée approche, c'est le moment de préparer la reprise: du mousquet et tomahawk, un peu de guerre civile écossaise, les régiments étrangers de la division Curial à Leipzig et plein d'autres choses dont mes deux prochaines armées (suspense).

mardi 2 août 2011

La peinture à l'huile...c'est pas difficile

Il m'a souvent été demandé comment on peut peindre du 28 mm à l'huile. En général, la peinture à l'huile est réservée aux figurines de plus grande taille. Certes, à cette échelle, on ne peut pleinement utiliser toutes les techniques classiques, mais il est possible de se faire plaisir avec quelques jolis fondus qui donnent toujours des effets spectaculaires sur les tissus ou pour la peau. La figurine que j'ai choisi est intéressante pour ce dernier aspect: Magua (vous savez, dans le dernier des Mohicans) une figurine de chez Conquest Miniatures de la gamme "500 nations". 
Je vais vous détailler la peinture de cette figurine en 7 phases qui peuvent être effectuées au cours d'une même séance. A ce propos, une des spécificités de la peinture à l'huile étant son temps de séchage de 2 à 3 jours, on ne peut peindre en continu, mais par étapes successives. D'ailleurs, en peinture à l'huile comme en construction automobile, on travaille à la chaîne...mais il vaut mieux être adroit qu'à Détroit !

Phase 1: une sous couche blanche à l'acrylique, puis un lavis noir à l'huile pour boucher les trous et éviter que l'on ne voit des portions de métal. Toutes les qualités de la figurine apparaissent immédiatement: précision de gravure, justesse des proportions et dynamisme de la pose.

Phase 2: La couche d'apprêt. A poser avec suffisamment de précision pour éviter de perdre du temps à la reprise. Attention, à bien étaler la couche de peinture: ici, la couche d'apprêt fait quelques stries qui apparaissent sur la peau...l'éclairage rasant est révélateur de ce léger défaut.
 Vue de l'arrière.

Phase 3: Un lavis en brun rougeâtre. Tout simplement, de la peinture très diluée avec de la thérébentine que l'on applique avec un gros pinceau et qui va se ficher dans les creux. On pourrait s'en dispenser, mais je trouve que cette technique facilite et accélère la couche finale, celle qui consiste à fondre les teintes et donner le relief. Elle contribue également à augmenter le contraste général de la figurine par un léger effet de transparence.

Phase 4: Le traitement de la peau est  un peu particulier compte tenu du fait qu'il s'agit d'un amérindien au teint un peu halé. Un brossage de la teinte de base éclaircie (au jaune de Naples ici) avec un pinceau brosse à la largeur bien adaptée; puis on dessine au pinceau fin dans les creux avec la teinte de base  foncée (terre de sienne foncée à laquelle j'ai ajouté du rouge foncé).  Une ou 2 heures après on fondra ces 2 teintes en passant un pinceau suffisamment souple à la jonction des parties éclaircies (convexes) et sombres (concaves). Main légère exigée.  Contrairement à ce que l'on fait dans les échelles supérieures, on ne travaille pas en tapotant sur les surfaces à fondre, mais en faisant glisser le pinceau dans le sens de la plus grande longueur. Pratiquer après une ou 2 heures de séchage est un bon compromis, mais on peut travailler dans le frais (sans temps de séchage) ou "dans le semi dur" après 3 ou 4 heures...mais il faudra un pinceau un peu plus dur ou insister d'avantage, ce qui nécessité du doigté. Avec l'huile plusieurs techniques sont possibles, ce qui n'est pas le cas à l' acrylique (et toc).

Phase 5: Un dernier passage sur la peau pour donner encore plus de relief avec la teinte de base encore plus éclaircie. Pas de fondu ici (c'est du 28 mm, pas du 90 mm !), simplement une touche sur l'arête du nez, le haut des paumettes, le sommet des épaules et le dessus des doigts. Les dessins sur les jambières hautes en tissus (appelé mitasses) illustre une technique que j'utilise très souvent pour donner du relief: dessiner le contour et après séchage, remplir les creux en prenant soin de laisser un liseré noir entre l'extérieur et l'intérieur. Certes, c'est délicat, mais cela donne plus de profondeur, ce qui est important à cette échelle.  Un mot sur les yeux: 2 petits points blanc dans la cavité oculaire peinte préalablement en noir (quand c'est sec évidemment). Précision chirurgicale impérative, mais rendu supérieur à la technique du point noir sur fond blanc qui donne toujours un rendu style "yeux de gobi", comme on dit du côté de Marseille.


Phase 6: On entre dans les phases de finition...des petits points, des traits de partout  pour rappeler l'art de la décoration en Amérique. Des tatouages, très en vogue aussi chez les amérindiens. Les bagues du mousquet visualisent une technique que je pratique pour les métaux, mais qui n'a rien de spécifique puisque je passe une teinte métal acrylique, suivie d'un lavis noir pour  le fer ou terre de sienne brûlée pour  le laiton ou l'or. La touche finale est constituée par un brossage à sec avec la teinte idoine (argent ou vieil or) sur les arêtes.
 Vue de l'arrière, on distingue mieux le rythme des motifs du pagne et du bord des mitasses.


Phase 7: Des p'tits points, des p'tits points, toujours des p'tits points...une véritable épidémie de rougeole (comme celle qui décima beaucoup de ces fiers guerriers): sur l'étui du poignard, sur les tatouages, sur le medecine's bag. Le tout au pinceau ultra fin et sans trembler...et quand on rate, on efface et on recommence et pour le coup l'huile et son séchage lent, c'est l'assurance de travailler sans précipitation avec un p'tit coup de thérébentine jusqu'à plusieurs heures après. Le rouge du tatouage du front a été réalisé en une fois dans le frais: la couche d'apprêt (écarlate), éclaircissage avec de l'orange et fonçage avec du brun pour souligner le relief (des lignes parallèles que l'on fond avec un pinceau essuyé après chaque opération).
 A ce stade là, si vous voulez d'avantage taquiner le goujon (c'est plus correct que de parler du fondement des mouches), quelques coups de pinceaux trempés dans le noir pour souligner les sangles, les jonctions tissus accessoires, rectifier un dépassement de limite, un trait tremblé (si, si çà arrive à tout le monde, moi le premier...!). Mais là, çà prend beaucoup de temps...pour une pièce comme cela, il m'aura fallu 2 heures, plus demi heure pour le soclage.

La photo en situation: Et voilà le travail...Magua vous lance un défi devant un rocher sacré

Et bonne peinture à l'huile....maintenant que vous savez tout ou presque tout.

dimanche 10 juillet 2011

Des unités romano bretonnes pour Arthur

Les armées de Bretagne, en fait l'actuelle Angleterre, sont constituées de troupes ressemblant fort à celles de la toute fin de l'Empire romain: les dernières troupes romaines ont certes quitté l'île, mais il semblerait que l'administration à la romaine ait subsisté quelques décennies. Des liens forts unissent la Gaule romaine, l'Armorique et la Bretagne comme en témoigne l'expédition d'Ambrosius Aurélianus en Gaule dans la deuxième moitié du Vème siècle.

Devant un fort hâtivement réparé, une partie de l'armée bretonne attend l'arrivée des saxons...


Des pédyt, les péditès de l'armée romaine de l'époque, sont groupés près de leur bannière...

Serrez les rangs, préparez le mur de boucliers, les guerriers saxons se rapprochent !

Une unité de sagittarii, des archers avec un arc composite est là pour cribler de flèches les guerriers saxons faiblement protégés par un bouclier dont la taille est proche de celle d'une rondache.


  Les figurines sont des West Wind 28 mm; le fort est une construction maison.

dimanche 26 juin 2011

Les compagnies franches de la Marine

Face aux rangers du major Rogers, un parti de français de la Nouvelle France s'est retranché dans un petit hameau...
Directement inspiré de certains scénarios que propose la règle Mousquet et tomahawk...

 Les compagnies franches de la Marine combattent à terre et encadrent souvent des groupes de miliciens des villes de Québec ou de Montréal. Ce sont des troupes régulières qui ont le double avantage de savoir manoeuvrer collectivement et d'exceller dans la petite guerre et les coups de main.



 Elles sont représentées ici en tenue de campagne, portant des éléments non réglementaires.

 Un lieutenant commande l'ensemble. Vous remarquerez sa tenue discrète, synonyme de survie prolongée. Seuls le sabre et la plaque de cou permettent d'identifier un officier.
 Les redoutables milices composées d'hommes recrutés à travers leur paroisse et regroupés en compagnies d'effectifs variables: vêtus de leurs effets civils, mais de manière très rationnelle pour les vastes forêts canadiennes avec des vestes en peaux, des mitasses (jambières souples et hautes) et un bon fusil de chasse !

Les maisons sont des Perry miniatures, les figurines des Conquest miniatures...tout est miniature sauf, je l'espère, la qualité des photos...
Les indiens entreront en scène la prochaine fois.

dimanche 12 juin 2011

Les rangers de Rogers

Pour commencer à jouer à l'excellente règle Mousquet et tomahawk...il faut des figurines !
Voici, un lot d' Anglo-américains durant la guerre dite Franco-Indienne; en réalité la partie américaine de la guerre de 7 ans va aboutir à la perte du Canada par les français à cause des anglais...exit la Nouvelle France.
Certes que pouvaient faire les 70000 français face au 1.5 millions de colons britanniques ? Tant qu'ils purent compter sur leurs alliés indiens et leur supériorité dans la petite guerre, ils menèrent la vie dure aux anglais et aux colons américains: Fort Nécessity en 1754, la bataille de la Mononghaela en 1755 autant de cuisantes défaites britanniques. Par la suite le blocus naval de la Royal Navy permet aux anglais de recevoir des renforts alors que le marquis de Montcalm doit se débrouiller avec des régiments affaiblis et en 1759 la messe est dite avec la chute de Québec.

Le premier épisode présente des rangers du célèbre major Rogers et des auxiliaires américains pour les soutenir.





Les rangers de Rogers portent un uniforme vert dès leur création en 1755. Ils sont payés à prix d'or par le gouvernement  anglais pour s'opposer aux raids incessants des français. Ces raids incessants font régner la terreur dans les colonies anglaises et interdisent toutes velléités d'expansion vers l'ouest.



Pour muscler les effectifs des rangers réguliers comme ceux de Rogers, les meilleurs "frontiersmen" anglo-américains sont regroupés dans des unités irrégulières et associés à ces derniers pour mener des raids dans la vallée de l'Ohio. 



Les figurines sont des Conquest Miniatures: pour moi, les plus belles du marché en 28 mm. Elles sont peintes à l'huile.

Le prochain épisode verra nos rangers attaquer un petit hameau canadien défendu par une force mixte de marins et de miliciens français...çà va barder de l'autre côté de l'Atlantique !

jeudi 2 juin 2011

Le dernier Romain: premier épisode

Rome vers 425 après JC.... Rome n'est qu'un empire à bout de souffle: miné par la corruption, envahi par une cohorte de barbares qui se sont installés partout,  le pouvoir impérial ne tient que par la grâce du général en chef de l'armée appelé Patrice. Ceux-ci peuvent se ranger soit parmi les vertueux qui servent loyalement cet empire malade, soit parmi les ambitieux qui espèrent renverser l'Empereur pour leur propre compte ou celui de leur fils.
Aétius est à ranger dans cette dernière catégorie.  Elevé dans sa jeunesse en tant qu'otage à la cour du Roi Hun Ruas, il y garde de bons amis. Tout au long de sa carrière il pourra compter sur de forts contingents mercenaires pour appuyer ses prétentions au trône impérial.
Un autre général romain, nommé Boniface, échoue après de multiples manoeuvres auprès du jeune, et quelque peu dérangé, Empereur Valentinien à Ravenne. Ravenne est alors la capitale de l'Empire d'occident, Rome n'étant plus que la capitale historique.
Cet épisode retrace le combat de Ravenne qui mit aux prises Boniface, comte des provinces africaines et champion de l'Empereur à Aétius, maître des Gaules. Celui-ci est venu officiellement plaider sa cause qui le fait passer pour un traître à la solde des Wisigoths. Ces Wisigoths qu'il a laissé s'installer en Gaule avec leur royaume de Toulouse. Boniface manoeuvre avec son armée pour barrer la route de Ravenne à Aétius.

 Les deux généraux , Boniface à gauche et Aétius à droite parlementent pour éviter le pire...

 Le Pape fait jurer fidélité à Valentinien aux barbares Germains qui constituent l'essentiel des armées romaines de l'époque

 La situation est grave...les contingents de cavaliers Huns de Aétius déferlent dans le nord de l'Italie.

Quelques maigres troupes disparates rassemblées par Valentinien et mises à la disposition de Boniface essaient de ralentir l'avant garde d'Aétius...

L'affrontement semble désormais inévitable...la suite au cours du prochain épisode.

samedi 21 mai 2011

Au trot ou au galop ?

C'est la question qui convient à propos des cavaliers du XVIIème siècle.
A cette période là, la cavalerie était principalement répartie en 2 catégories: les trotteurs et les galopeurs.
Les trotteurs utilisaient une technique de combat issue des Reîtres allemands: on réalisait un espèce de caroussel devant l'ennemi au cours duquel on venait décharger ses 2 pistolets sur l'adversaire, à quelques mètres avant de rejoindre l'arrière de l'unité. Ce feu roulant était censé amollir l'adversaire avant un combat ou le mettre en fuite tout simplement.
Les galopeurs utilisaient pour leur part, la classique charge à fond pour venir rapidement au contact de l'adversaire: une décharge de pistolets et à grand coups d'épée, on se viandait joyeusement !
A cela, il faut ajouter en Ecosse, une cavalerie qui n'a pas les moyens de se payer beaucoup d'armes à feux et qui utilise une lance pour percer l'adversaire avant le contact. Ces régiments vont, contre toute attente, faire bonne figure au cours de la guerre civile écossaise en malmenant des régiments anglais bien équipés et protégés.  


Le duc d'Argyle est le champion du parti des Covenantères alliés aux Parlementaires anglais: il est le chef du puissant clan Campbell et à réussi à équiper un régiment de lanciers et un régiment de trotteurs. Ils cheminent quelque part dans le nord de l'Ecosse...en 1645, à la recherche du terrible régiment de Gordon, l'ennemi passé du côté des royalistes.


Ci-dessous une représentation possible du régiment du comte de Balcarres. Le drapeau est hypothétique mais typique de ceux de la période.


Les figurines sont des Bicornes miniatures de 28 mm de la gamme Guerre civile anglaise et écossaise. Tout est peint à l'huile y compris les cornets (drapeaux).